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LES CRÉATEURS DE MODE

Wednesday, October 22nd, 2008

Question du jour : y a-t-il des créateurs faits pour travailler seuls et des créateurs faits pour travailler pour d’autres marques ? Ma réponse est oui. Seulement, il est toujours difficile de s’en rendre compte avant ; je veux dire avant que le créateur se risque à entreprendre l’exercice périlleux de créer pour d’autres.

 

 

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MODE, PUB ET ROCK’N ROLL

Saturday, October 6th, 2007

S’il existe bien une constante dans le rock, ce sont ces personnalités uniques, iconiques, que chaque génération a engendré, de Jim Morrisson à Beth Ditto notre nouvelle icône rock king size, en passant par David Bowie, Ian Curtis, Kurt Cobain… Et ces légendes du rock ont constamment flirté avec le monde de la mode : shootée par les plus grands photographes, à la Une des magazines de mode, courtisée par les plus grands créateurs, toute icône rock est aussi une icône fashion.
Du côté de la fashion aussi, l’inspiration rock a toujours été là, de Vivienne Westwood à Hedi Slimane et Jeremy Scott. Entreprise certes dérisoire, Hogan y est même allé cet automne de son sac guitare.
Une frontière d’ailleurs tellement ténue que les Inrocks du 2 octobre ont fait un sujet sur la mode rock.

Aujourd’hui, on passe au niveau supérieur et les icônes rock deviennent des icônes pub et luxe.
Pete Doherty pose en James Dean des temps modernes sous l’objectif de Mert & Marcus pour la nouvelle campagne de Roberto Cavalli.

 

 

 

Pour Burberry Prorsum, Mario Testino photographie les égéries maison Agyness Dean, Lily Donaldson, Kiera et Georgia Frost entourées par le leader des Paddingtons et le groupe the View.

 

 

 

Lee fait ressortir les photos les plus inédites des Beatles, des Stones et des icônes du rock’n roll des années 60 prises par John Hopkins, qui serviront de décor et de fil rouge au catalogie de la nouvelle collection. D’ailleurs l’occasion pour Hopkins d’exposer des photos chez Colette.

 

 

Enfin, last but not least, Beth Ditto est devenue la chouchou de Christopher Kane, qui lui a même demandé de défiler pour lui lors du Swarovski Fashion Rocks show qui se déroulera à Londres le 18 octobre. La campagne pub n’est pas loin (et tant mieux si ça arrive !).

C’est une stratégie différente pour chaque marque.

Pour Burberry, ce serait plutôt une façon de dépoussiérer la marque en revenant à ses origines un brin provoc’, l’esprit trench-coat, au départ dessiné par Burberry pour l’armée écossaise puis porté dans les années 60 par tous les groupes à la mode. « C’est un esprit unique, une façon singulière de mélanger les mondes, de mêler la tradition et l’excentricité, l’aristocratie et une culture de la rue » explique Christopher Bailey. Tout est dit.

Pour Lee, il s’agit d’étoffer son positionnement de marque au cœur de l’Histoire et qui fait l’Histoire (“Make History”) en mettant en avant les légendes qui ont fait l’histoire du rock. Et au passage, de se donner une caution artistique.

Quand à Roberto Cavalli, le couturier italien adulé des stars et des people, il aime le sulfureux, le sauvage, et faire parler de lui. Et il savait qu’il allait faire le buzz en mettant en scène le couple trash et glamour Kate Moss et Pete Doherty. L’image de la marque n’en est que plus hot et subversive, et semble illustrer la revendication créative contemporaine : « Je dérange, donc je suis ». Pourtant, nous dit le couturier, « à cause de son mode de vie extrême, Pete peut d’abord sembler très mauvais pour le rôle de modèle, mais sa débauche ne m’intéresse pas du tout. Derrière son apparence de damné, Pete est un homme exceptionnellement doué : un vrai rocker, pur, sans compromis ». Et oui, s’offrir des personnalités à talent, il n’y a pas mieux pour doter la marque d’un vrai supplément d’âme. Dans un autre registre, Marc Jacobs avait fait la même chose l’année dernière avec Jennifer Jason Leigh.

Christopher Kane, lui, a tout compris, et contribue à initier la tendance « Big is Beautiful », sujet sur lequel je me pencherai bientôt.

Dans tous les cas, s’approprier l’ancienne ou la nouvelle génération rock c’est une manière d’oser dire « fuck » aux institutions, aux institutions fashion trop codifiées car trop marketing, aux codes luxe trop stricts et bourgeois ; c’est revenir, finalement, à l’essentiel de ce qui fait la mode, cette forme d’expression, de contestation, véhiculant une vision du monde particulière à chaque époque. Comme le rock.