La pub luxe, c’est ma partie, et à chaque nouvelle saison je ne peux m’empêcher de scruter les nouvelles campagnes, dévorant les magazines de mode en sautant le texte. Il faut bien le dire, je suis souvent déçue. Belle DA, belle réalisation, belles filles, mais que dire de plus ? Un peu formaté, oui.
Et là, enfin, je tiens un truc ! Le Manifesto d’YSL me saute aux yeux, la pub Alexander McQueen me file la nostalgie d’une époque que je n’ai jamais connue. Oui, allons manifester en total look couture !!!


Bien sûr, vous avez aussi remarqué la nouvelle campagne Dinh Van, mais là je vais pas faire celle qui savait pas, vu que j’ai travaillé sur la recommandation stratégique avec ce cher Darkplanneur, mais à cette époque on croyait qu’on était les seuls à proposer de la subversion de luxe, alors que non, et tant mieux. Vive l’impertinence luxe créative et créatrice !

Alors, véritable envie de bousculer tout ce petit monde du luxe, récupération révolutionnaire fashion ou nostalgie d’une époque révolue?
Certainement un peu des trois, sauf qu’aujourd’hui cette tendance libertaire et contestataire n’est plus celle de l’outsider, loin s’en faut. Aujourd’hui, quand on a quelque chose à dire ou à faire, une attitude ou un idéal à revendiquer, c’est simple, on consomme. En d’autres termes, consommer du luxe aujourd’hui ce n’est plus simplement dépenser (beaucoup) d’argent et acheter un produit : c’est vivre une expérience inédite, extraordinaire, accéder par l’esprit à un monde où l’on va pouvoir se réaliser en tant qu’individu. C’est en quelque sorte une « consommation expressive » qui se dessine, la consommation d’une société post-matérialiste - par excès d’abondance plus que par choix -, en quête de sens et de contenu. Rien d’étonnant alors à ce que certaines marques de luxe proposent via le thème de la manifestation une expérience subversive, renvoyant à un idéal, celui d’un monde meilleur, dans lequel je suis libre de décider pour moi, de revendiquer ma vision des choses et de faire valoir mon engagement culturel et politique.
Dans le même genre, ne faisons pas l’impasse sur les campagnes Vivienne Westwood (qui milite pour la libération de Leonard Peltier) et « Peace is a fight » de Marithé + François Girbaud (conçue par l’excellente agence La Chose).
