LE PHÉNOMÈNE GARETH PUGH

Il y a quelques semaines, dans le cadre de mon travail d’un de mes jobs, j’ai écrit un article sur les trendsetters. Qui peut réellement prétendre au statut de trendsetter ?, je me demandais. Et bien, Gareth Pugh peut.

Et pas seulement parce qu’il prône une mode bizzaro-fantastico-gothico-androïdo-futuriste que personne n’aimait avant et que tout le monde aime maintenant. Il réunit ce que peu d’habitants de la planète branchée parisienne - poil mal coiffé et lunettes oversize, ou panoplie du skateur de 12 ans, jusque-là vous me suivez ? - ont : parti-pris et courage. Gareth Pugh, qu’on aime ou qu’on déteste, est un génie, un génie qui bosse dur.

 

© Julie Perello

 

Avec sa formation de danseur classique, il ressemble à un long chérubin chétif perdu dans une marée de modasses. Comme Baudelaire, il a le spleen : regard mélancolique et air absent, on le sent plongé dans les affres de ses créations tel un poète en pleine angoisse créative. D’ailleurs, aux évènements mondains et aux défilés, il s’ennuie et ne fait rien pour le cacher. Bref, la branchitude, Gareth n’en a rien à secouer, on le sent habité par ce qu’il fait.

Depuis son premier défilé en 2005, son univers reste le même : festif - il renoue avec la longue tradition de la mode comme performance artistique initiée par Vivienne Westwood, Alexander McQueen, John Galliano, et semble s’inspirer de la culture pop et du clubbing déjanté de Leigh Bowery -, mais version dark et minimaliste - les années 90 sont passées par-là. Il ne cesse d’expérimenter les formes et les volumes, faisant de ses silhouettes de véritables sculptures à l’aspect dramatique et distordu. Les plumes et les ballons côtoient les armures de vinyl ou de cuir de guerrières SF, donnant au final des créations excentriques, gothico-burlesques et étrangement inquiètantes. Mais derrière tout cela se cache un savoir-faire étonnant, mixant prouesses techniques, finesse des matières, volumes maitrisés et coupes superbes. “Les gens ne voient pas que lorsqu’on enlève les épaulettes d’une de mes vestes, par exemple, on obtient une très belle veste”, revendique le créateur dans le numéro d’octobre de Dazed and Confused, qui lui consacre sa couverture.

 

Tout cela explique sans doute le prestigieux prix de l’ANDAM qu’il a reçu cette année,  et qui lui a valu une bourse de 150 000 € pour organiser son premier défilé à Paris. Défilé, qui manifestement, ne s’est pas encombré de contraintes commerciales - ce qui lui a valu de nombreuses critiques. Mais c’est cela qui fait de lui un trendsetter : ce courage de mener jusqu’au bout son parti-pris, de ne pas renoncer à son univers, de ne pas sombrer dans la facilité.

J’ai été à la soirée de remise de prix le 3 octobre au Chacha Club : un monde fou, un Gareth Pugh ultra timide, une vraie galère pour prendre des photos :

 

© Julie Perello

 

Ce qui fait la différence entre un trendsetter et un créateur marginal, c’est aussi cette capacité à influer sur la création. Gareth Pugh est unique, atypique, il a une approche expérimentale du vêtement qui fait de lui un créateur confidentiel, mais il est reconnu par ses pairs… et donne même lieu à des produits dérivés !

Les créateurs de bijoux Alex & Chloé on ainsi créé un pendentif à l’effigie d’un de ses silhouettes majeures, en vente ici :

 

 

Tandis que Gareth Pugh lui-même a créé pour la boutique Topshop d’Oxford Circus un sapin de Noël tout en néon - en référence au décor de son premier défilé parisien -, qui accueillera les clients pendant les fêtes de fin d’année :

 

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12 Responses to “LE PHÉNOMÈNE GARETH PUGH”

  1. François K Says:

    Excellent. Un vrai artiste.

    Je vais peut-être sortir une grosse bêtise, mais il me fait penser à Jean-Paul Gaultier à ses débuts (sauf que pour JPG, tout le monde aimait les nichons pointus parce que Madonna les portait !)

  2. Julie Perello Says:

    Question style, il y a certes des différences, mais c’est vrai que JPG, tout comme Gareth Pugh, a vraiment lancé un mouvement. Reste à savoir si Gareth Pugh va avoir autant de succès (notamment commercial) que JPG…

  3. Rose Says:

    C’est Hors-Sujet …mais je cherche Des “Lace-up shoe boot has golden studs at platform and heel” Si tu sais ou en trouver pourrais tu me le dire merci ….

  4. Rose Says:

    Ps : j’aime beaucoup Gareth Pugh

  5. Julie Perello Says:

    Ouh la la je ne sais pas du tout ! Mais va voir sur le site Topshop il y a souvent ce genre de shoes

  6. Belinda Says:

    Super article Julie, j’en ais parlé aussi sur le blog.A c’est chic on est fan.J’ai mis un lien pour les gens qui veulent en savoir +.Belinda

  7. Julie Perello Says:

    Merci, c’est cool

  8. Olechka-persik Says:

    Огромное спасибо за потрясающие идеи!!! Буду следить за блогом, много всего интересного. А мой блог о науке, надеюсь, тоже понравится ;)

  9. Dennis loyarryRope Says:

    First of all congratulation for such a great site. I learned a lot reading article here today. I will make sure i visit this site once a day so i can learn more.

  10. Julie Perello Says:

    Thanks you so much Dennis ! I will have to post once a day now :)

  11. Lu Says:

    fantastique, je crois qui on est au train de voir naitre la suite de Galliano…

  12. Emilie Says:

    Merci pour cet article très enrichissant. Il y a tellement peut de chose sur la vie de cet artiste timide que le découvrir un peu et rentrer dans son monde est un peu comme une sorte de privilège. En espérant que l’argent ne le stoppera pas dans son élan de nouveau trendsettler

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