THE HOUSE OF VIKTOR & ROLF
Londres - le 3/08
Une maison de poupées, et tout un univers aussi. Vous savez déjà combien j’adore le travail de Viktor & Rolf, qui relève à la fois de la mode et d’une réelle démarche artistique. Leur constante exploration des contraires - noir/blanc, féminin/masculin, rigueur/fantaisie, upside down, énormes volumes sur silhouettes étriquées… - me fascine, et leurs défilés/happening me réjouissent.
L’exposition de la Barbican Art Gallery m’a permis de revenir sur des collections que je connaissais moins, et surtout, de mieux connaître le projet conceptuel qui soustend chaque collection.

© Julie Perello
Le travail d’orfèvre réalisé sur les poupées m’a aussi impressionné. En fait, chaque collection est présentée grandeur nature, sur des mannequins à taille humaine - avec en fond, la vidéo du défilé correspondant -, et en version mini au sein d’une vaste maison de poupées centrale.
Je n’avais pas, bien sûr, l’autorisation de prendre des photos, ce qui ne m’a pas empêché, avec ma copine Lovny, de jouer les mauvaises élèves. Ce que souvent, les musées ne comprennent pas, c’est qu’en tant que blogueuse je n’ai aucun intérêt à vous montrer les photos qu’on voit partout en presse mais bon…
J’ai donc pris en photo, dès que j’ai pu, les collections qui m’intéressaient le plus, et en voici un échantillon :
Collection Atomic Bomb, A/H 1998-99

© Julie Perello
C’est une collection qui s’interroge sur le scénario du IIIè millénaire : la fin du monde ou la fête. Du coup, Viktor & Rolf ont créé des silhouettes prenant la forme de champignons atomiques, mais en y rajoutant des ballons, des pompons, des serpentins et des guirlandes.
Black Light, P/E 1999

© Julie Perello
Une certaine idée du succès et de l’optimisme selon Viktor & Rolf : du noir vers la lumière. Cette collection, entièrement en noir et blanc, a d’abord défilé sous une lumière noire, puis sous une lumière blanche - les créateurs ont vaincu leurs démons.
Long Live the Immaterial (Bluescreen), A/H 2002-03

© Julie Perello
Cette collection traduit le désir de Viktor & Rolf d’”aller au-delà du produit, de dessiner quelque chose d’immatériel”. Les créateurs ont donc adopté la technologie “bluescreen”, largement utilisée dans l’industrie du cinéma pour créer les effets spéciaux - sur le bleu, on peut incruster les images que l’on veut.
Le défilé, filmé et projeté simultanément sur des écrans géants de part et d’autre du podium, fut une performance artistique à lui tout seul. Sur le podium central, les silhouettes défilaient, accessoirisées d’éléments bleus - chaussures, ceintures, écharpes, sacs, cols… parfois toute la tenue était bleue -. Sur les écrans, les créateurs ont juxtaposé à ces zones bleus des vidéos de paysages, de ciels, de fleurs, de villes, d’autoroutes, de feux d’artifice… Spectaculaire, et tout simplement génial.
Flower Bomb, P/E 2005

© Julie Perello
Certainement la collection la plus marketing de leur carrière - ici en version miniature -, qui a marqué le lancement de leur parfum Flower Bomb. Loin d’être ma préférée, mais j’ai toujours adoré ses silhouettes dark coiffées de casques.
Bedtime Story, A/H 2005-06

© Julie Perello
Toujours version miniature - des manteaux en couette, des cols en oreiller, des robes en drap…une collection fantaisiste, mais plus intimiste.
Silver, A/H 2006-07
Celle-ci, je n’ai pas pu la prendre en photo alors voici les visuels Vogue des robes présentées :


Ces robes sont partiellement ou entièrement plaquées en argent. Ce qui m’intéresse dans cette collection, c’est la démarche contre la culture de l’éphémère, le renouvellement incessant qui contraint la mode à une perpétuelle fuite en avant. L’argent liquide venant imprégner le tissu fige le vêtement, et le rend plus que jamais précieux et durable, solide et unique, non interchangeable. Cela me fait penser à la démarche de Proenza Schouler, qui utilise des matières incroyables et précieuses. “Actuellement, les grandes marques sont copiées dès l’extinction des lumières de leurs défilés”, expliquent ces derniers ,“Pour y remédier, elles tirent la mode vers le haut; en utilisant des matières incroyables qui ne peuvent pas être imitées, contrairement aux formes et aux couleurs”. Sauf que dans le cas de Viktor & Rolf, même les formes, souvent spectaculaires, ne peuvent être imitées.
The Fashion Show, A/H 2007-08

© Julie Perello
Ce défilé a choqué nombre de rédactrices de mode, qui ont accusé le duo de créateurs de cruauté, certes involontaire, au vu de la torture manifestement endurée par les mannequins harnachées de lourdes suspensions. Pourtant, le projet de départ était plutôt inspiré : il s’agissait de faire de chaque tenue un défilé autonome, un “microcosme” de Viktor & Rolf, avec son propre système de lumière et de son suspendu à des barres metalliques. Malheureusement, lors du show l’ambiance de chute imminente a totalement eclipsé le concept. Il est vrai que moi aussi, je prèfère voir ces installations sur des poupées !
Harlequin, P/E 2008 et No, A/H 2008-09

© Julie Perello
Une collection inspirée des personnages de la Commedia dell’Arte, et une autre en forme de manifeste - vous pouvez lire ce que j’en pense ici -. Un condensé, finalement, de ce qu’est le travail de Viktor & Rolf : de la fantaisie, mais au service de concepts forts.
Barbican Centre Silk Street London EC2Y 8DS
Jusqu’au 21 septembre 2008
Tags: art, Barbican, exposition, The House of Viktor & Rolf, Viktor & rolf

September 5th, 2008 at 10:20 am
C’est top tes photos car je ne pesne pas que j’aurai l’occase de la voir. Maintenant je pourrais (presque) dire j’y étais! A une pitit mensonge près….
September 7th, 2008 at 1:36 am
comme quoi on a bien fait de perséverer pour les faire ces photos
September 8th, 2008 at 1:10 pm
Oui je suis contente d’avoir pu prendre toutes ces photos ! Car les musées ne sont vraiment pas coopératifs, je viens de demander l’autorisation au V&A pour leur expo Fashion V Sport et ils m’ont gentiment renvoyés sur leurs visuels presse…
September 9th, 2008 at 10:48 am
ils sont étonnants ces deux mecs…
September 22nd, 2008 at 12:02 am
Par contre je m’aperçois que j’ai zappé les vidéos, mais comme je n’ai pas encore fait mon report London (je suis grave à la traine) je les y mettrais